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Spatial

Starship atteint l’orbite et largue ses premiers satellites opérationnels

Le 28 septembre, le Starship de SpaceX a atteint l'orbite pour la première fois et déployé 26 satellites Starlink V3. Un moteur défaillant a écourté la mission à trois heures. Ce que change ce vol, pour SpaceX, pour la Lune et par contraste pour l'Europe.

Fusée Starship en ascension dans un ciel bleu, avec une longue flamme orangée
Le Starship de SpaceX lors de son cinquième vol d'essai, en octobre 2024. Photo recadrée : Steve Jurvetson, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

Le 28 septembre, lors de son quatorzième vol d’essai, le Starship de SpaceX a atteint l’orbite pour la première fois et y a déployé 26 satellites Starlink V3, sa première charge utile opérationnelle. La mission a pourtant été écourtée : l’arrêt prématuré d’un moteur pendant l’ascension a ramené le vaisseau sur Terre au bout de trois heures, au lieu des dix prévues. Ce vol en demi-teinte marque néanmoins le passage du lanceur géant du stade expérimental à celui d’outil de production, avec des conséquences qui dépassent l’entreprise.

I. Un vol réussi, mais écourté

Le lanceur a décollé à 12 h 48 UTC depuis le second pas de tir de Starbase, au Texas. Il s’agissait d’une version de troisième génération, associant le propulseur Super Heavy B21 et le vaisseau Ship 41. Le premier étage a perdu l’un de ses 33 moteurs dès le décollage, sans conséquence sur la trajectoire. Plus sérieux, l’un des trois moteurs Raptor Vacuum du vaisseau, optimisés pour le vide, s’est arrêté pendant l’ascension. SpaceX a d’abord annoncé renoncer à l’orbite, avant de se raviser : l’insertion a été achevée par un moteur Raptor « mer », allumé une vingtaine de secondes environ 25 minutes après le décollage.

Le vaisseau a ensuite largué ses 26 satellites, entre 34 minutes et un peu plus d’une heure de vol ; trois d’entre eux portaient des caméras chargées de filmer son bouclier thermique. Selon l’astronome Jonathan McDowell, l’orbite atteinte culminait vers 262 à 275 kilomètres d’altitude. Le plan de vol prévoyait environ six orbites et un amerrissage à l’ouest du Chili ; le vaisseau s’est finalement posé au nord d’Hawaï après 3 heures et 8 minutes, a basculé, puis ses ergols résiduels se sont enflammés. Comme lors des vols précédents, sa récupération n’était pas prévue. SpaceX n’a pas expliqué publiquement l’arrêt anticipé de la mission.

Objectif Prévu Réalisé
Mise en orbite Oui Oui, avec un moteur en moins
Satellites déployés 26 Starlink V3 26
Durée de la mission Environ 10 heures 3 h 08
Zone d’amerrissage Ouest du Chili Nord d’Hawaï
Propulseur Amerrissage contrôlé Amerrissage dans le golfe du Mexique

Fait notable, le propulseur n’a pas été rattrapé par les bras de la tour de lancement, une première depuis le huitième vol : SpaceX avait choisi un amerrissage contrôlé dans le golfe du Mexique, environ sept minutes après le décollage.

II. Ce qui change avec une charge utile réelle

Jusqu’ici, Starship emportait des maquettes. Les Starlink V3 sont des satellites de série, trop grands pour la fusée Falcon 9 qui a déployé les générations précédentes. Selon SpaceX, relayé par le site SpacePolicyOnline, chacun offrirait dix fois le débit descendant et vingt-deux fois le débit montant d’un satellite V2. Ces chiffres sont ceux de l’entreprise. Ils expliquent l’enjeu commercial : sans Starship, pas de déploiement de la nouvelle génération de la constellation.

L’orbite visée reste basse, autour de 270 kilomètres, ce qui limite la durée de vie d’un objet laissé sans propulsion et réduit le risque de débris. Les grandes familles d’orbites et leurs usages sont présentées dans notre article sur FLEX et Sentinel-3C.

III. Le calendrier lunaire en arrière-plan

Starship est aussi l’atterrisseur lunaire choisi par la NASA pour son programme Artemis. Le contexte a changé cette année. Artemis II a volé du 1er au 10 avril 2026, emmenant quatre astronautes autour de la Lune. Artemis III, qui devait marquer le retour sur le sol lunaire, a été transformé en démonstration en orbite terrestre basse prévue en 2027 ; selon la presse, le premier alunissage est repoussé à Artemis IV, visé en 2028.

Le principal verrou reste le ravitaillement en orbite. Pour partir vers la Lune, un Starship devra être rempli par une flotte de vaisseaux-citernes. Dans un rapport du 10 mars 2026, l’inspection générale de la NASA estimait qu’il faudrait plus de dix vols de ravitaillement, un tous les six jours environ, en commençant plus de 200 jours avant le départ de l’équipage. Le premier essai de transfert d’ergols entre deux vaisseaux, initialement prévu en mars 2025, n’a toujours pas eu lieu ; la date la plus récente évoquée est la fin de 2026.

IV. Pendant ce temps, en Europe

Le contraste avec l’Europe tient moins au calendrier qu’à l’échelle. Le 27 août, une Ariane 6, lanceur non réutilisable, a placé le satellite météorologique MTG-I2 sur orbite de transfert géostationnaire : neuvième vol du lanceur, quatrième de l’année. Le même jour, l’Agence spatiale européenne signait les premiers contrats de son European Launcher Challenge, destiné à faire émerger de nouveaux lanceurs : 197,8 millions d’euros pour l’allemand Isar Aerospace, 186,9 millions pour son compatriote RFA, 158,9 millions pour l’espagnol PLD Space, à condition d’atteindre l’orbite avant 2028. Le 5 septembre, la fusée Spectrum d’Isar Aerospace est devenue le premier lanceur à atteindre l’orbite depuis l’Europe continentale, depuis la base norvégienne d’Andøya.

V. Ce qu’il faut surveiller

  • Une éventuelle décision de l’administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) sur le vol 14 ; aucune enquête n’avait été annoncée à la date de publication.
  • Le quinzième vol, au cours duquel SpaceX évoque un premier rattrapage du vaisseau par la tour.
  • La démonstration de transfert d’ergols en orbite, annoncée au plus tôt pour la fin de 2026.
  • Le premier lancement de Starship depuis la Floride, attendu fin 2026 ou début 2027.

Sources

Cet article a été préparé avec l’assistance d’une intelligence artificielle, à partir des sources citées.

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